Introduction

L’époque des manifestes est une époque de grands changements au niveau des arts visuels et de la société québécoise.

Déjà au sein de la Société d’art contemporain,  la libre expression des artistes est favorisée et les expositions de peinture et de sculpture témoignent d’une exploration de plus en plus originale.  Alfred Pellan, de retour au pays après un long séjour en Europe, suscite l’enthousiasme chez les artistes montréalais qui veulent connaitre ce qui se fait de neuf à l’étranger. Mais l’artiste qui a eu le plus d'influence à cette époque est sans aucun doute Paul-Émile Borduas.  Au début,  seuls quelques artistes partagent ses idées inspirées des surréalistes mais bientôt se forme le groupe des Automatistes qui créent des des oeuvres abstraites faites de manière spontanée. L'évolution de l'art de Borduas, depuis ses décorations d'églises jusqu'à ses peintures abstraites, nous rappelle à quel point l'art québécois s'est transformé en une seule génération. Jean-Paul Riopelle se joint ensuite au mouvement et construit des peintures par généreuses couches de pâte de couleur, ainsi que de majestueuses «mosaïques » qui lui vaudront une reconnaissance internationale.

En 1948, deux manifestes voient le jour: d’abord Prisme d’yeux signé entre autres par Alfred Pellan puis Refus Global par les Automatistes. Ce dernier aura une influence majeure sur la société québécoise en remettant en question les valeurs traditionnelles de l’époque et en y exprimant le désir de changement et de liberté des artistes.

Alors que, placé dans des circonstances difficiles, Borduas s'installe à New York puis à Paris dans les années 1950, la peinture à Montréal prend une nouvelle orientation avec l'abstraction hard edge des Plasticiens. Le Manifeste des Plasticiens lancé en 1955 mènera aux explorations abstraites des années 1960.