Introduction

Entre la première présence amérindienne et inuite sur le continent nord-américain et l’arrivée des Européens, dix mille ans se sont écoulés. Le musée conserve quelques traces de ces temps passés, mais ce sont davantage les œuvres plus tardives des Autochtones de la côte du Nord-Ouest qui marquent cette portion de notre collection. Sont aussi présentées des œuvres d’artistes actuels des Premières Nations qui nous offrent leur regard critique et rétrospectif.

L’arrivée de colons français sur un territoire nommé Nouvelle-France ou Canada impose pour longtemps les images de la religion catholique. Ces images auront un impact important sur nos artistes. La copie joue alors un rôle essentiel pour la maîtrise du métier, tandis que le portrait se fait témoin de la position sociale. Encouragées depuis les débuts de la colonie, la sculpture et l'orfèvrerie religieuses sont alors florissantes puisqu’elles répondent à la demande de décors d’église toujours plus somptueux, de même qu’aux exigences du culte. De la croix de procession à la croix de chemin, le territoire est marqué de symboles religieux.

Au cours du 19e siècle, la scène artistique se transforme et s’enrichit : certains artistes parcourent le continent nord-américain, d’autres arrivent d’Europe, d’autres encore rentrent au pays après avoir étudié à l’étranger. La peinture de paysage s'affirme grâce à une nouvelle génération d'artistes dont la majorité se retrouve à l'Art Association of Montreal (actuel Musée des beaux-arts de Montréal), fondée en 1860. Les paysagistes seront les premiers artistes canadiens que favorisera l’institution, et leur représentation du territoire ira de pair avec l’exploration du pays et sa quête d’indépendance.